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Épargne et placements

Le PEA, l’enveloppe des actions

Mis à jour le 6 octobre 20265 min de lecture

Le plan d’épargne en actions est une enveloppe, comme l’assurance-vie : il ne rapporte rien par lui-même, tout dépend de ce qu’on y place. Mais il n’accueille qu’une chose, les actions européennes, et il ne pose qu’une condition vraiment importante : laisser passer cinq ans.

Ce qu’on peut y mettre

Le PEA reçoit des actions de sociétés dont le siège est situé dans l’Union européenne ou dans l’Espace économique européen, ainsi que des fonds investis pour au moins 75 % dans ces mêmes actions, fonds indiciels cotés compris. Il n’accueille ni obligations, ni fonds en euros, ni immobilier : c’est une enveloppe entièrement exposée aux marchés d’actions, dont la valeur monte et baisse avec eux.

Les versements sont plafonnés à 150 000 €. Les gains, eux, ne comptent pas dans ce plafond : un plan peut valoir bien davantage que ce qui y a été versé. Une variante tournée vers les petites et moyennes entreprises, le PEA-PME-ETI, partage avec lui un plafond commun de 225 000 €.

On ne détient qu’un seul PEA par personne, à condition d’être majeur et fiscalement domicilié en France. Un couple peut donc en ouvrir deux.

Le seuil des cinq ans

Tant que l’argent reste dans le plan, les dividendes et les plus-values ne sont pas imposés. La question ne se pose qu’au retrait, et c’est l’âge du plan qui décide de la réponse :

  • Avant cinq ans, un retrait entraîne en principe la clôture du plan, et les gains sont imposés au prélèvement forfaitaire de 12,8 %, sauf option pour le barème, auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux. Quelques exceptions évitent la clôture : licenciement, invalidité, création ou reprise d’entreprise.
  • Après cinq ans, les retraits partiels sont possibles sans fermer le plan, et l’on peut continuer à y verser. Les gains retirés échappent à l’impôt sur le revenu ; seuls restent dus les prélèvements sociaux.

Ces prélèvements ont augmenté. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a porté leur taux de 17,2 % à 18,6 % sur la plupart des revenus financiers, PEA compris pour les gains acquis à partir de 2026, tout en maintenant 17,2 % pour l’assurance-vie. L’avantage du PEA demeure ; il s’est seulement réduit.

Sablier en bois et verre posé sur un bureau en chêne, près d’une fenêtre
Le délai de cinq ans court à partir du premier versement, et non de chacun des suivants.

Ouvrir tôt, même avec peu

Puisque le délai court à partir du premier versement, un PEA ouvert avec une somme modeste prend date. Cinq ans plus tard, tout ce qui y aura été versé entre-temps profite du même régime, y compris les versements de la dernière année. C’est l’un des rares cas où ouvrir une enveloppe sans projet précis a du sens.

Ce qu’il ne fait pas

Il ne protège pas du risque : un plan investi en actions peut perdre une part importante de sa valeur en quelques mois, et le cap des cinq ans ne garantit en rien qu’il sera en gain ce jour-là.

Il ne transmet pas hors succession : au décès, le plan est clôturé et son contenu rejoint la succession. Les gains échappent à l’impôt sur le revenu, mais les héritiers ne profitent d’aucun des abattements propres à l’assurance-vie.

Et il ne donne accès aux marchés hors d’Europe qu’indirectement, par des fonds indiciels construits pour rester éligibles.

Publié par Havila Conseils, cabinet indépendant de conseil en gestion de patrimoine enregistré à l’ORIAS sous le n° 15002527, sous la responsabilité d’Honoré Louvouenzo. Mis à jour le 6 octobre 2026. Cet article a une vocation générale et d’information ; il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d’investissement.

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