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La trésorerie d’entreprise qui dort

Mis à jour le 3 septembre 20264 min de lecture

Une société qui accumule des liquidités sur son compte courant perd chaque année la différence entre l’inflation et le zéro que ce compte lui rapporte. La question n’est pas de tout placer : c’est de savoir ce qui peut l’être.

Trois poches, jamais une seule

La trésorerie d’une entreprise ne se traite pas en bloc. Elle se découpe selon l’échéance :

  • La trésorerie d’exploitation, qui couvre le cycle courant : salaires, fournisseurs, échéances fiscales et sociales. Elle doit rester immédiatement disponible, et ne se place pas.
  • La trésorerie de précaution, qui absorbe l’imprévu : un client qui paie en retard, une commande annulée, une réparation. Elle se place sur des supports courts et sans risque.
  • La trésorerie excédentaire, celle dont l’entreprise n’a structurellement pas besoin. C’est la seule qui peut viser un horizon long.

L’erreur la plus commune n’est pas de mal placer : c’est de traiter la troisième poche comme la première, par prudence, et de la laisser dormir des années.

Coffre-fort ancien dans le coin d’un bureau
Toute la trésorerie ne se place pas : seule la part dont l’entreprise n’a structurellement pas besoin.

Les supports, selon l’horizon

  • Le compte à terme : un rendement connu d’avance, en contrepartie d’un blocage sur une durée convenue. Le plus simple, et l’outil naturel de la trésorerie de précaution.
  • Le contrat de capitalisation détenu par la société : le même moteur qu’une assurance-vie, accessible aux personnes morales, avec une fiscalité propre à l’impôt sur les sociétés. L’outil de l’horizon long.
  • Les parts de SCPI inscrites au bilan : de l’immobilier locatif sans la gestion, qui produit des revenus réguliers. Ni le capital ni les revenus ne sont garantis.

Deux vérifications préalables

L’objet social doit permettre ces opérations. Une rédaction trop étroite peut faire obstacle à un placement financier ; cela se modifie, mais mieux vaut le savoir avant.

Et la décision engage le dirigeant : placer une trésorerie dont l’entreprise avait besoin est une faute de gestion. C’est pour cela que le découpage en trois poches se fait en amont, avec l’expert-comptable, et non après avoir choisi un support.

Publié par Havila Conseils, cabinet indépendant de conseil en gestion de patrimoine enregistré à l’ORIAS sous le n° 15002527, sous la responsabilité d’Honoré Louvouenzo. Mis à jour le 3 septembre 2026. Cet article a une vocation générale et d’information ; il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d’investissement.

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